10 février 2014

Jeanne et Marguerite, texte de Valérie Péronnet avec Françoise Cadol

Mise en scène : Christophe Luthringer, compositeur musiques et son : Franck Gervais, éclairages : Thierry Alexandre, avec les voix de René Biche et d’Emmanuel Jacomy
La comédienne est assise derrière une table de bureau élémentaire pour travail raisonnable ; avec des gestes vifs elle feuillette un document et parle d’une voix légère. Elle raconte Eugène qu’une Marguerite attend car elle l’aime infiniment et James dont Jeanne est éperdue. Ces deux couples ont existé à une centaine d’années d’écart ponctuée par ces guerres plus ou moins mondiales ou autres. Notre lectrice sourit et sa voix gracieuse devient carrément aphrodisiaque. C’est celle d’une mentaliste, d’une hypnotiseuse avec un sens de l’humour ravageur parce que rare. Le texte proposé - lui aussi - est rare parce que parfaitement écrit ; quant à la mise en scène, surréaliste, elle est facétieuse. Ce qui se passe ou passe au-dessus de la tête de la biographe amoureuse de sa Jeanne (notez que sur l’affiche ce prénom est en lettres majuscules tandis que Marguerite ne l’est pas) autant que de sa Marguerite nous ravit au propre et au figuré. Françoise Cadol ouvre le tiroir de la table : s’en échappent telles des volées d’oiseaux rieurs des dizaines de feuilles blanches qui atterrissent sur les planches et dans la salle. Mais comment pourrait se terminer une pareille histoire? Elle ne se termine pas, même si… rideau ! Vous sortez du théâtre après avoir - sans vous en être rendus compte - serré les mains de vos voisins ravis. Vous reprenez le chemin (ou le métro) vous ramenant chez vous, et soudain vous vous rendez compte que la voix qui continue de vous hanter est celle de cette fée qui habite vos radios aimées et vous donne envie d’acheter ceci et de faire ou de tenter cela. Et vous souriez et souriez encore.
Théâtre La Bruyère, du mardi au samedi à 19 heures, réservations : 01 48 74 76 99.