07 février 2014

Les Enfants du Paradis, d’après le scénario de Jacques Prévert

Adaptation de Philippe Honoré.
Mise en scène Philippe Person avec Yann Bougeard, Florence Le Corre-Person, Philippe Person ou Pascal Thoreau, Sylvie Van Cleven ; décor : Vincent Blot ; lumières : Alexandre Dujardin ; costumes : Marion Robillard et Bédite Poupon-Joyeux.
C’était une gageure de faire atterrir sur des planches ce que Prévert avait dédié à un espace aussi intemporel qu’onirique: l’adaptateur en convient en toute modestie. Mais l’idée de le faire jouer au Lucernaire, théâtre estampillé d’art et d’essai, était la bonne. Car un certain humour décalé y règne et on sait que Prévert ne se prenait pas toujours au sérieux et qu’il a fallu que ses amis le contraignent à publier ce qui lui passait par la tête et le cœur à travers les mots. Il savait qu’enfants nous descendons du paradis sans avoir eu besoin d’escales. Deux comédiennes et deux comédiens sont tour à tour voire ensemble sur les planches, parfois assis. Ils assistent aux prestations de leurs confrères et consœurs, et tout décolle vite sous de modestes guirlandes. Les rideaux de fond bougent, de simples coffres genre 'de déménagement' s’ouvrent, parfois investis par l’un de nos quatre. Les mots débarquent, s’accostent, les personnages se rapprochent, s’interpellent, s’écoutent : tendres (elles) ou inquiets (eux, plutôt). Ils se répondent pourtant toujours et puis s’étreignent. Des effets dits ‘spéciaux’, des fumées qui mangent l’atmosphère du plateau et font tousser des spectateurs vaguement semi-allergiques ? Oui mais les comédiens n’ont pas à être modestes car leurs performances sont généreuses et tendres. Mentions spéciales pour toutes et tous et surtout pour… Nous ne dirons rien, à vous de jouer. Ce spectacle sera repris cet été au Festival-Off d’Avignon à l’excellent Théâtre des Carmes.
Lucernaire, Centre National d’art et d’essai, 53 rue Notre Dame des Champs, 75006 Paris. Du mardi au samedi à 20 heures et le dimanche à 15 heures. Réservations : 01 45 44 57 34.