14 avril 2014

« Moi, le Mot » d’après un texte inédit de Matéi Visniec

Mise en scène de Denise Aron-Schröpfer avec Rebecca Forster, Eva Freitas et Aurélien Vacher.
Au départ il y a le repérage, la rencontre et la confrontation avec toutes les sortes de mots qui façonnent les êtres humains même avant leur naissance, permettant à l’univers et à toutes ses fenêtres de s’ouvrir ou de se fermer si besoin est, ce dont nous ne sommes pas forcément sûrs. Evangile selon Saint Matéi, pensez-vous. Visniec qui joue avec eux comme au ballon est à genoux devant eux, les berce, leur fait des pieds de nez, les empoche, les ressort de ses poches où il ne sait plus pourquoi ils y ont atterri. Ils sont devenus des alliés : des mouchoirs, des foulards à ne surtout pas trop agiter dans le mauvais sens, mais dont on s’entoure pour ressembler à des sorcières ; il ne manque que le balai qu’on enfourche et qui nous permettra de traverser le ciel et ses nuages. Bien sûr cet auteur incomparable a été comparé à tous nos surréalistes, contemporains ou pas. La liste serait trop courte ou trop longue ; ne nous la donnez pas. On n’est plus au collège ni au lycée, et les amoureux de Prévert ne se font pas photographier encravatés non plus que de face. Trois sur scène cela donne deux jeunes charmantes hyperactives et leur indispensable Roméo Prince de Homburg aux cheveux bouclés, tout aussi imprévisible que récupérable avec pour double et partenaire son violoncelle à la queue pointue rétractable. Face à ces jeunes dames aux grands yeux et jolies robes, ou à côté d’elles, il nous offre les siens : la petite salle du charmant théâtre cligne aussi de tous les siens. Mais il faut sortir parce que du trottoir parviennent les voix de ceux qui, billets en mains, font la queue pour le spectacle suivant. Dieu soit loué, celui-ci vous est proposé à Paris jusqu’au 11 mai et il se donnera à Avignon-festival-off cet été.
Théâtre du Guichet-Montparnasse, vendredi et samedi à 19 heures, dimanche à 18 heures. Réservations : 01 43 27 88 61.