21 juin 2014

Le Mariage, de Jean-Luc Jeener


Avec Jean-Luc Jeener, Salomé Mandelli et Marion Rony
Mise en scène de Pascal Guignard Cordelier
Jean-Luc Jeener est directeur de théâtre, auteur, acteur, chroniqueur et critique pour des revues et des journaux de grande notoriété. Et Il accepte d’être interviewé par des radios dites engagées car il l’est lui-même, et cela s’entend et se voit dès qu’il pose les pieds sur scène. Cette fois cela a lieu dans l’étonnante salle Economidès du TNO à l’allure de cave à faire vieillir des vins prometteurs de jouissances terrestres. Mais Jeener est aussi un catholique militant persuadé que nous fils et filles de Jésus lui devons tout. Sur la scène qu’il arpente souvent rageusement il hurle, éructe puis reprend sa voix de confesseur ou professeur enjôleur : sa fille Claire, gracieuse en jupe dévoilant de jolis mollets, vient d’arriver flanquée d’une grande Suzanne en chemisier et pantalon pour sportive allure "battante". Étudiante en psychologie sociale, elle est le prototype de la femme dite libérée. Sarcastique, elle rit, dents carnassières et contredit son beau-père espéré. Sa Claire chérie essaie de renouer avec un père qui l’aime autant qu’elle l’aime, mais qu’est-ce qu’aimer quand cela ne passe pas aussi ou d’abord par des effusions ? La mise en scène et les déplacements sont minimalistes : il le fallait pour ce qui est surtout une succession de joutes oratoires. Le père de Claire va d’un fauteuil en velours à jardin à son jumeau à cour. Au centre un canapé tout aussi accueillant, une  table et une bouteille de champagne apportée par « les fiancées » qui sera ouverte par l’homme exaspéré mais dont c’est le rôle. Claire et Suzanne décident plusieurs fois de partir puisque le père ne veut rien entendre : pour lui le mariage veut dire un homme et une femme, puis des enfants. Au passage un certain François Hollande cité par l’auteur est bien cet homme sans convictions vraies qu’il n’aurait certainement pas fallu mettre à la barre. Les fiancées aussi dépitées qu’excédées ayant tenté plusieurs fois de partir finissent par le faire. Tout a été dit… et si bien qu’on a l’impression que tous trois ont inventé leur texte, juste et percutant, qui vous réjouira.
Théâtre du Nord-Ouest jusqu’à la fin juin, reprise à la saison suivante, voir programme et réservations : 01 47 70 32 75.