18 septembre 2014

Artiste de complément

De et avec Jacques Dupont, mise en scène Damien Bricoteaux
C’est ainsi qu’avec une vraie fausse pudeur on appelle les figurants au cinéma qui permettent aux cameramen (et camera-women) et réalisateurs de faire tous leurs réglages techniques pendant que les stars sont toujours au maquillage ou aux repos dans leurs loges ou dans les roulottes… mais nous vous parlons peut-être d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Le nôtre est depuis toujours un fan de l’acteur Mickael C. dont il se croit et se veut le double ou même les deux. Passe pour l’épisode où il tente de violenter son ancienne petite amie ; au suivant il est parti pour le cœur de la France, soit Clermont-Ferrand. La mère de son idole est une femme vieillissante et qui ne peut continuer à exister qu’en relisant et revoyant tout ce qui a paru à propos de son fils chéri. Ses relations avec la dame, intéressantes, deviennent plus que touchantes, mais la fin de tout cela ? Peu importe, vous êtes parfaitement subjugué par le jeu du comédien-auteur, les trouvailles de mise en scène et en espace : ces vrais-faux frigidaires qu’il fait gentiment tournoyer ou même qu’il ouvre, ce que vous attendiez bien sûr. Quel dénouement envisager puisqu’il s’agit de nœuds? A la presque toute fin notre homme est dos au public face à un gigantesque faux rideau où la moitié du visage de l’homme aimé nous fait décoller. A-t-on vraiment rêvé ? Oui parce qu’on est au théâtre et qu’on a eu droit à un spectacle de qualité et de grande générosité. Et aussi qu’on a ré-invoqué certains de nos pères : Ubu avez-vous dit, voire Ionesco ? Ou même les deux, mon général. Nous n’étions pas à la première, mais la deuxième nous a séduits. Et puis pour l’auteur-comédien et son équipe, l’Essaïon est le lieu où il fallait que cela se fasse.
Théâtre Essaïon, 6 rue Pierre au Lard, Paris-IV, métro Hôtel de Ville et/ou Rambuteau, jusqu’au 13 janvier 2015, les lundis et mardis à 20 heures. Réservations : 01 42 78 46 42.