12 octobre 2014

Camille, Camille, Camille.

De Sophie Jabès, mise en scène de Marie Montegani
Avec Nathalie Boutefeu, Vanessa Fonte, Clémentine Yelink
Sur le plateau elles sont trois, tour à tour ou ensemble, mais au centre posée plus bas que les autres et assise sur une chaise dont elle ne se lèvera que vers la toute fin il y a une femme plus mûre que ses gracieuses partenaires trentenaires ou quarantenaires. Au fond un grand écran habilement mais rarement utilisé. Un trio baroque que la folie construit, déconstruit et pourrait peut-être reconstruire. La vraie Camille Claudel, sœur de ce Paul écrivain majeur, homme de croyances et de courage que vous avez aimé lire et admirer, avait des yeux ravageurs, sans cernes, mais surtout des mains de sorcière donc plus démoniaques que celles de son maître ce Rodin, son amant mais surtout pseudo-père de remplacement. On se croirait parfois dans un théâtre antique avec personnages statiques, mais les lumières réorganisent et réchauffent régulièrement l’ensemble. Camille un et Camille un-bis, plus Camille deux, frottez-vous les yeux ! Nos deux jolies dames changent systématiquement voire mécaniquement de tenues, jetant par terre des tissus blancs, genre linges propres et très hygiéniques. Cela pourrait durer et aurait pu durer… La vieille dame se lève et c’est la fin. Camille Claudel, internée parce qu’il le fallait - n’est-ce pas la famille ? - est morte octogénaire. Pièce et récit intelligents, parfaitement écrits et présentés ; que vous dire de plus ? Que Clémentine Yelink dans le rôle de l’octogénaire internée vous sidérera assurément.
Lucernaire, jusqu’au 22 novembre, du mercredi au samedi à 18h30. Réservations : 01 45 44 57 34.