04 novembre 2014

« Camille Claudel 1864-1943 », de Christine Farré

D’après la correspondance de Camille Claudel et des textes d’Octave Mirbeau, Eugène Blot, Morhand, Asselin (critiques de l’époque)
Adaptation et mise en scène Christine Farré, avec Jean-Marie Bordja, Nicolas Pignon
Jusqu’au 22 novembre au Théâtre du Lucernaire à Paris se donne une pièce intitulée « Camille, Camille, Camille » que nous avons aimée ; quant à cette Camille Claudel-ci jouée régulièrement depuis sa création au Festival d’Avignon en 2005, elle est à l’affiche dans la capitale à la Folie Théâtre. Les deux sont complémentaires pensez-vous, mais dans quel ordre aller les voir ? Nous ne vous en dirons rien si ce n’est que « Camille Claudel 1864-1943 » est proposée à la Folie Théâtre, dans ce petit lieu avec bancs et coussins très salle de Festival avignonnais -off. Mais pourquoi vous avoir infligé un pareil prologue ? Parce qu’il est difficile de vous dire d’emblée combien nous avons jubilé pendant une heure qui nous a paru si courte. La folie abolit le temps… un temps ou tout le temps ? La comédienne qui incarne Camille est debout face à ou devant deux messieurs sérieux avec vestons de bon aloi mais aux airs consternés ; et il y a de quoi : la ravageuse les enverrait facilement tous deux dans les cintre… Sur le rideau de fond sont affichées des reproductions des œuvres de la sculptrice et le plateau est couvert de tentures aux couleurs vives. Elle qui porte une légère robe blanche sorte de tenue de nuit, les utilisera comme châles pour couvrir ses épaules. De plus en plus hystérique elle se saisit des bassines de fer posées sur le sol certaines remplies d’eau, elle y plonge le visage, en boit le contenu ou le jette dans la salle. L’hystérie devient totale, et les explications perturbantes que Camille propose ou impose à ses camarades Octave et Eugène, bien qu’apparemment cohérentes ne sont en réalité qu’embrouillage désolant. Nous autres, spectateurs subjugués, essayons de nous en dépatouiller ; quant à vous en parler avec toutes sortes de superlatifs, très vite ça n’aurait plus de sens. Allez donc à la Folie… les comédiens vous rencontreront volontiers après la pièce et vous leur direz votre reconnaissance.
A La Folie Théâtre, jusqu’au 29 novembre 2014, tous les vendredis et samedis à 19h30. Réservations : 01 43 55 14 80 et www.folietheatre.com.