04 février 2015

Fin de Partie, de Samuel Beckett

Mise en scène : Jean-Claude Sachot, assisté de Bérengère de Pommerol, avec Philippe Catoire, Jérôme Keen, Marie Henriau et Gérard Cheylus. Production : Toby or not.
Pièce mythique et démontante, un classique dont on se relève mal, voire très mal comme le fait le personnage central, cet aveugle-né qui bascule avec son fauteuil pour handicapé, après que son aide-soignant ait fait un numéro vengeur donc sonore de videur de poubelles. Dans celles-ci étaient remisés Nell et Nagg, fantomatiques géniteurs, à peine présents et peu audibles, de celui qui prétend qu’une certaine partie va s’achever laquelle, le ciel soit loué, est très loin de sa fin car il a tant de choses à dire encore... et non-dire aussi. Tout ici est tour à tour consternant et jubilatoire voire consternant parce que jubilatoire, et que tout est jeu (« je » aussi et enjeu) et rebelote n’est-ce pas, puis qu’il est question de jeu, forcément ! La troupe qui nous avait fait attendre Godot récidive. Trente-six représentations ont été voulues dans ce théâtre au cœur de la capital où l’on est toujours si bien reçu, ce qui pour nous compte infiniment, comme nous le disons si souvent.
Théâtre Essaïon, 4 rue Pierre au Lard, jusqu’au 4 avril. Du jeudi au samedi à 21 heures 30. Réservations : 01 42 78 46 42.