16 février 2015

Le bouffon du président

Une comédie féroce d’Olivier Lejeune avec Franck de Lapersonne, Michel Guidoni, Cécile de Ménibus, Fabienne Chaudat et Frédéric Bodson.

L’auteur et metteur en scène avoue avoir toujours alterné théâtre et music-hall et cette fois encore dès le début du spectacle, la salle toute émoustillée, applaudit à tout rompre. Il y a de quoi ! Ça pétarade avec jeux de mots, plaisanteries bien fagotées et blagues en tout genre : on serait presque au café-théâtre, même si la salle des Variétés est considérable et d’un grand chic avec ses lustres étonnants. Sur le plateau le décor est minime : à jardin une espèce de scène en demi-cercle fermée régulièrement par des rideaux rouges et dont quelques marches mènent à une sorte de petite scène. Une large porte en métal donne peut-être sur des escaliers à gauche et à droite vers les coulisses ou la rue. Au centre une table pour salle de conférences présidentielles évidemment ; derrière elle un homme en cravate qui va très vite… « mais bon sang mais c’est bien sûr… » la voix du comédien, ses intonations vous l’avez immédiatement reconnu même s’il se nomme François Nicoly. Quant au bouffon du Roi c’est Franck de Lapersonne dont la voix aux intonations rigolardes tonitrue. Deux jolies dames en font autant pour pouvoir se faire entendre jusqu’au poulailler ! L’idée c’est qu’un ancien président veut se faire réélire pour un prochain mandat et qu’il lui faut bien constituer son équipe. Les deux jolies dames servent sa cause parfaitement et ce n’est que justice car il est pratique, très doué, à l’esprit revanchard et à l’humour pointu. Il est du genre agité et quand il se lève et marche ça hoquette de rire dans la salle. Rafales d’applaudissements qui ne troublent pas les deux dames non plus qu’un troisième comparse nécessaire, arrivé plus tard. Ça déménage de plus en plus, les blagues s’accumulent, on a même l’impression que l’équipe sur scène en rajoute qui sont imprévues. Le bouffon fait une cour pressante à la collaboratrices blonde de l’ex et futur président. Le bouffon ressemble de plus en plus à un Falstaff. Les applaudissements sont à leur comble quand – coup de théâtre – l’excellentissime Michel Guidoni se met à chanter relayé par un micro : on est au music-hall pour de bon. Le bouffon - Lapersonne – se met à danser divinement bien, mais tout seul, et on sent à peine qu’on approche de la fin, tant on délire.
Nous n’avons pas pu compter le nombre de rappels que cette troupe rodée de camarades délirants suscite. C’en est presque trop, mais vous étiez prévenus : cette comédie est résolument féroce, et pas pour les raisons que vous auriez envisagées, évidemment.
Théâtre des variétés, du mardi au samedi à 20 h, samedi et dimanche à 16h30. Réservations : 01 42 33 09 92 et www.theatredesvarietes.fr.