10 avril 2015

Elise ou la vraie vie, d’après le roman de Claire Etcherelli.

Adaptation, mise en scène, scénographie et jeu d’Eva Castro.
L’affiche vous fera vous attendrir et aimer cette jeune femme assise probablement sur un banc, les yeux tournés vers le sol ; mais tout ce qu’Eva déclenche est insensé. Ce sont d’abord ses yeux d’extra-terrestres mais aussi sa silhouette et son corps très fins de danseuse classique et surtout sa voix, ou plutôt ses voix car elle en a beaucoup plus que vous ne pourriez l’envisager : toutes sont prenantes. On ressent dans la salle des sortes d’apnées. Cette jeune femme ravissante est comédienne, danseuse et mime et tant d’autres choses ! Elle chante et la musique lui donne une tendre réplique. Mais la vraie vie d’Elise ? Elle a tellement existé au mois de mai 1958 qu’il est bon un demi-siècle plus tard d’en parler à ceux de notre pays qui ont un vrai besoin de comprendre certaines choses. Le dispositif scénique est simple mais hallucinant, tant il est modeste au départ, soit une petite dizaine de cartons d’emballage qu’Eva pousse, repousse et déplace, installe, réinstalle. C’est tout ce dont elle a besoin, avec ce manteau bleu-plutôt-ciel qu’elle endosse par-dessus sa tenue d’ouvrière robotisée. Elle enfile aussi des chaussures élégantes avec talons joliment hauts qui l’enverraient vers les cintres si elle n’avait pas décidé de rester avec nous. Elise ou bien une vie vraie? Les musiques sont simples donc forcément authentiques et belles, vraies elles aussi, direz-vous. Mais que dire encore de l’utilisation de… chut, motus, soit rien. Sortant du théâtre des Abbesses vous aurez le choix de descendre par le sud et de passer devant la maison où vécu Bernard Dimey. Ah Montmartre le soir ! Allez-y ce soir ou bon demain soir.
La Manufacture des Abbesses, jusqu’au 6 mai. Dates et réservations : 01 42 33 42 03.