11 avril 2015

L’homme de paille, de Georges Feydeau

Mise en scène Benjamin Moreau, avec Bruno Blairet et Frédéric Le Sacripan
La paille ? Être sur la paille par exemple ! Le mot paille est donc souvent utilisé pour faire allusion à des misères, oui mais un chapeau de paille d’Italie, cela vous fait fantasmer et frétiller : la perspective d’un vaudeville peut-être ? Ce serait rocambolesque mais paraîtrait court, même si ça basculait de péripéties en péripéties. Cet « homme » -ci est l’histoire déjantée et pétaradante de deux messieurs désireux de rencontrer une certaine Marie qui aurait passé une annonce pour dénicher un candidat pour l’élection du président du parti Radical-Libéral-Social. Deux hommes se présentent donc chez elle, mais elle n’est pas là, ce qui ne les perturbe nullement car ils vont se prendre l’un et l’autre pour la dame en question et se faire une cour hallucinante. Très vite vous avez l’impression qu’il s’agit de lycéens subissant un bizutage ou d’étudiants en médecine en salle de garde. Bref on est les pieds dans le plat ! Les comédiens bougent, dansent, tournicotent, c’est tout juste s’ils ne font pas la roue pour prouver que séduire est leur maître-mot et cela 24 heures sur 24. Malheureusement cela ne dure que 55 petites minutes, mais dès les premières la salle s’est mise à hurler de rire, séduite par ces potaches prolongés qui ne risquent pas de prendre la vérité au sérieux. Le décor n’en est pas vraiment un : des guirlandes d’ampoules sur un rideau de scène de jardin à cour et un canapé en velours rouge où ils feront mine de s’effondrer pour repartir et mieux gigoter. Bien sûr ils arborent des chapeaux de paille …d’Italie ! Le public est ravi et ses commentaires sur le web le montrent joliment. A votre tour !
Théâtre du Lucernaire ; jusqu’au 13 juin du mardi au samedi à 18h30, réservations : 01 45 44 57 34.