26 juin 2015

Irma rit rose

De et avec Irma Rose, mise en scène Jean-Claude Cotillard.
Ce grand-petit spectacle d’une heure est un « seule en scène » mais d’abord un véritable festival tant sur le plateau la comédienne-auteur sait tout faire et même plus encore : elle donne vraiment l’impression d’improviser et de ne surtout pas s’y prendre la tête. Quant à ses jambes… on vous dira plus tard. Son sourire ravage dès le début ; on aimera sa maîtrise des accents des pays qu’elle aime ou même dont elle est issue, sa tenue plus que décontractée, ses chaussures sans talons mais certainement ferrées et même le petit foulard de girl-guide comme dans les années de jeunesse dont elle ne court-circuite jamais la nostalgie. Itou de la queue de cheval qui renvoie ses cheveux au placard. Justement le seul élément de décor est une sorte de placard sans porte mais avec des étagères qui ne serviront pas, sauf à dissimuler un verre d’eau qu’elle prétendra être plein du champagne nécessaire à la jubilation des sorties de scène où trop souvent les comédiens minaudent presque : «Vous avez aimé ? Comme c’est gentil à vous ! » Irma est du genre qui fonce, défonce et refonce. Elle a bien sûr recours à l’accent d’un Ch’nord par lequel nous avons tous transité « une fois » mais elle manie aussi la langue de notre mère-patrie un chti-poil plus bas. Elle est mère de famille vigilante, sœur et belle-sœur, cousine coincée, adolescent lui aussi plus-que normalement coincé, ce qui est normal vous en conviendrez. Elle calembourde astucieusement, devient une quasi-imitatrice pour émission de radio à vous faire démarrer votre journée ou celle de vos copains sur des chapeaux de roues. Elle se recale dans son meuble très Darty, en sort pour poser les genoux sur un mini-tabouret où elle se transforme en chienchien métaphysique et pourri d’humour, comme ils le sont tous bien sûr. Mais à quelle heure est-ce qu’on bouffera de la dinde, n’est-ce pas Mamadou-le-slammeur ? Irma est devenue nécessaire pour Amir-Rima. Ça s’est mis à rugir dans la salle. A votre tour.
Théâtre des Déchargeurs, du 23 juillet au 5 septembre, le jeudi à 21h30, le samedi 19h30. Réservations : 01 42 36 00 50.