02 juin 2015

L’alouette, de Jean Anouilh

Mise en scène d’Odile Mallet et Geneviève Brunet, avec Aurélien Bédéneau, Jean-Pierre Bernard, Guy Bourgeois, Lola Bret, Geneviève Brunet, Marta Corton Viñals, Vincent Gauthier, Odile Mallet, Tilly Mandelbrot, Michel Pilorgé, Pierre Sourdive, Guillaume Tavi.
Le titre bien sûr n’a que peu à voir avec la pièce même si la chanson « Alouette, gentille alouette, alouette je te plumerai… » évoque la fin de la vie de Jeanne d’Arc jeune femme aux cheveux courts qui sera non pas plumée mais brûlée - vive forcément - mais pourquoi Seigneur Dieu, pourquoi déjà ? Retour en arrière : c’était en quel siècle déjà ? La pucelle dite d’Orléans mais Orléans c’était où ? Au Royaume de France ; royaume ? Vous riez, ce n’était plus qu’une île en France, un ilot. Et partout des anglais, sujets d’un futur « Royaume uni » qui avaient envahi la terre d’en face mais pourquoi donc? C’est probablement ce que se dit Jehanne née aux marches de France de parents petits propriétaires terriens. Jehanne est une originale ; elle est maline voire butée et sans doute surdouée. Ses parents : son père d’abord, du genre au derrière de ses animaux et qui ne s’en va dormir qu’après les avoir mis dans leur étable avec un vrai loquet. Les loups peuvent hurler ! On dort à l’intérieur mais Jehanne ne dort pas. Elle a été rejointe dans la journée par saint Michel, Sainte Catherine et Sainte Marguerite qui lui ont donné une feuille de route. Elle doit aller débusquer le roi, un jeunot, joueur de bilboquet, très peu assuré de ses prérogatives, droits et devoirs que Jeanne considère comme plus que saints voir sacerdotaux.
On connait la suite et la fin d’un parcours forcément court: auriez-vous imaginé cette « extra-tout » devenue une vieille tante rasoir donneuse de leçons que ses petits neveux auraient relégué au coin du feu ?
La Jeanne d’Anouilh est une madrée, une rigolote et tous les hommes qui l’entourent et veulent la recadrer sont des lourdauds qui braillent, parce qu’en tant que mâles ils ont tous forcément raison. Elle ne calera jamais. Les comédiens sont 11 sur la scène aux saluts. Bien dirigés on les admire à chaque intervention parfois redoutable. Ils aiment et croient ce qu’ils disent : ce qui n’est pas le cas dans bien des spectacles où les textes ne sont pas prétextes.
La fin ? L’alouette s’est envolée.

Théâtre du Nord-Ouest : en alternance jusqu’au 27 septembre. Dates et réservations au 01 47 70 32 75 et www.theatredunordouest.com.