07 septembre 2015

Frangins, de Jean-Paul Wenzel

Co-mise en scène Lou Wenzel et Jean-Paul Wenzel
Ma pièce a été écrite pour Philippe Duquesne, Jean-Pierre Léonardini, Hélène Hudovermik, Viviane Thélophilides, Jean-Paul Wenzel.
On comprend vite que si l’auteur a voulu utiliser pour son titre un argot sympa, le même dont il se sert allègrement dans toute cette pièce, c’est autant par tendresse que par certaines pudeurs, parce que ces frères, l’un d’entre eux escorté de son épouse, se retrouvent et se redécouvrent à un moment aussi étrange qu’unique et que cela ne se reproduira pas avant plus que longtemps, quoique… Ils sont quarantenaires voire plus, n’ont pas toujours eu l’occasion de se dire tout ce qu’ils auraient voulu, dû ou pu. ‘Trouvailles’ plus que retrouvailles. Mais dans l’arrière-boutique - pardon pour cette dénomination peu orthodoxe - tout bascule, dé-bascule pour rebasculer ; comme les chaises qu’ils vont jeter par terre tels des sales gosses pour qui faire du boucan et du désordre c’est la seule façon de d’exister face aux adultes. Ils boivent ; la sœur aînée danse parce qu’elle jubile à sa façon ; ils auront tous « pété un plomb » voire deux, trois ou une grande demie douzaine. Ils se servent du vieux four à gaz maternel antédiluvien pour réchauffer… quoi déjà ? Fumée sur le plateau et dans la salle. La franginerie pourrait continuer en complicité et avec des spectateurs hurlant de rire, mais la pétulante Muriel vient de se rendre dans la chambre de leur mère. Elle a un « sourire énigmatique au coin des lèvres » et dit : « C’est fini ». Il le fallait et c’est très bien ainsi. Merci à toute l’équipe de Jean-Paul Wenzel et merci encore à celle du Lucernaire.
Théâtre du Lucernaire, jusqu’au 11 octobre, du mardi au samedi à 19 heures, dimanche à 15 heures. Réservations : 01 45 44 57 34.