02 septembre 2015

L’histoire du tigre, de Dario Fo

Adaptation de Nicole Colchat et Toni Cecchinato ; mise en scène et jeu : Pierre-Marie Escourrou.
Voici qui fait rugir de plaisir, hurlons-le donc avant de tenter de vous expliquer pourquoi. Le comédien a choisi de jouer le rôle unique de ce qui était au départ un récit polymorphe, ou tout simplement une fable politique. Soit la Chine du Nord et celle du Sud et la « Longue Marche » de 1934-1935 qu’accomplirent quelques 100.000 soldats pour les raisons que vous savez. Un d’entre eux, blessé à sa jambe la voit se gangréner très rapidement. Il va abandonner ses camarades pour se réfugier dans une grotte qu’il suppose être un lieu où retrouver ceux à qui il doit tout. (La grotte a toujours quelque chose de sécurisant.) Il a tout FO : la tigresse comme toute mère qui viendrait de perdre un de ses petits, le soigne de façon très animale et va le guérir.
Revenons sur la scène : ce plateau si étroit et si large au Paradis du Lucernaire. Notre comédien fonctionne au centre, deux pas à droite, deux autres à gauche. Il est vêtu d’une chemise et d’un pantalon noirs. Vite devenu si rugissant qu’on se demande s’il s’en rend tout à fait compte. Les spectateurs d’abord intrigués mais rapidement séduits se regardent et, devenus complices, se mettent à hurler de rire, c’est-à-dire de bonheur. Un détail les a également fascinés : quand leur comédien parle de la Chine du Sud, il redevient l’Escourrou « avé l’assent » de la province bien connue de notre hexagone. Cela pourrait continuer mais le temps passe et la roue tourne et il n’est pas question, bien sûr, de vous dire comment cela s’achève. Redescendez du Paradis en vous agrippant bien aux rampes et tombez alors dans les bras de vos voisins spectateurs : le bouche-à-oreille va démarrer. Mais d’abord chère équipe, merci d’avoir repris cette histoire ; pour tous c’est un somptueux cadeau de rentrée.
Théâtre Le Lucernaire, 53 rue Notre Dame des Champs, Paris-6ème, du mardi au samedi à 19 heures. Réservations : 01 45 44 57 34.