01 novembre 2015

Neige Noire
Variations sur la vie de Billie Holiday
Texte et mise en scène de Christine Pousquet, avec Samantha Lavital, Rémi Cotta, Philippe Gouin.
Billie, force de la nature, née noire parce qu’il le fallait pour qu’elle soit dotée d’une voix qui puisse traverser les déserts et résonner au bout des océans, d’une voix « noire au parfum de gardénia » qu’elle maîtrisera et domptera comme on le fait d’un animal sauvage, que seul un dieu peut accorder à un être humain. L’auteur et metteur en scène est une femme séduite par Madame Holiday : attention « jour saint » et non pas seulement « vacance ». Le décor surprend et vous mettrait peut-être mal à l’aise tant il est composé de dizaines de grosses valises du genre de celles qu’on entassait naguère dans des coffres de voitures ou qu’on réclamait dans la salle des bagages à l’aéroport, et bien sûr il y aura l’intervention d’une fumée dont les théâtres « in » ne peuvent plus se passer, et qui nous fait surtout tousser avant que nous ayons compris son symbolisme. Et puis certaines valises s’ouvrent et des comédiens, partenaires de la divine diva en émergent pour se joindre à elle et chanter aussi idéalement qu’elle. A signaler des séquences aussi magiques qu’irréelles où des tissus et des toiles évoquent des voiles de navire : laissons-nous emballer par le vent ! Bien sûr la langue dans laquelle ils chantent est l’anglais, pardon : l’american-english. Qu’importe quand la beauté est là. L’affiche vous propose-t-elle une dame en robe rouge très décolletée : d’accord mais c’est plutôt un « gag », pardon, comment dit-on ça de ce côté-ci de l’Atlantique ? Burlesque, peut-être.
Théâtre Lucernaire jusqu’au 6 décembre, du mardi au samedi à 21 heures, dimanche à 19 heures. Dates et réservations : 01 45 44 57 34.