04 décembre 2016

Barbara... j'ai peur mais j'avance, de Véronique Daniel

Mise en scène d’Alain Bonneval.
Un décor d’une intelligence rare quoique minimaliste, des musiques de fond et d’accompagnement, des lumières très particulières variant du très fort au très faible. Sur scène une table et une chaise tout le temps déplacées sur un tapis de forme trapèze faisant office de zone magique. Derrière sous forme de tenture un clavier de piano vertical.
La comédienne joue d’autant plus superbement qu’elle articule comme ne savent plus le faire les trois-quarts de ses consœurs, et chante a capella de sa voix forte qui ressemble à s’y méprendre à celle de la vraie Barbara. Elle interprète une partie du répertoire de la grande artiste, de son vrai nom Monique Serf, auteur-compositeur-interprète. On est frappé par la symbiose plus que parfaite entre les deux femmes. Dans ses chansons, Barbara nous révèle ses blessures de jeunesse d’une fille dont le père a abusé. Dès l’âge de dix ans et demi, sa vie bascule dans l’horreur. Cela est à l’origine de plusieurs de ses chansons, dont sûrement la plus connue est l’Aigle noir. Véronique Daniel habite pour l’occasion une Barbara confondante de vérité à se demander si parfois ce n’est pas l’une qui est l’autre. Sa gestuelle très étudiée s’accorde parfaitement aux émotions qu’elle ressent. Le déplacement de la table et de la chaise accompagnent judicieusement les chapitres du texte.
Le public est sur un petit nuage. Il fallait bien évidemment trouver une fin à ce spectacle, et Véronique ôtant sa perruque de cheveux noirs et courts redevient elle-même pour saluer le public.
On remerciera une fois encore Jean-Luc Jeener qui milite pour un théâtre chrétien de nous donner ici un spectacle profond qui nous montre les blessures de la vie auxquelles les questions qu’elles soulèvent n’ont d’autres réponses que d’ordre transcendantal.


Théâtre du Nord-Ouest
, 13 rue du Faubourg Montmartre, Paris 9ème. Du 9 au 30 décembre, à 14h30, 19h et 20h45 selon les jours. Réservations : 01 47 70 32 75.