12 novembre 2016

Double lecture : Vingt quatre heure de la vie d'une femme et Les montres de Vérone

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, de Stefan Sweig.
Avec Jean Reynès, Denyse Roland, Emma Dos Santos, Paul de Montfort.
Sur les planches, une lecture d’une pièce de théâtre peut être tout aussi fascinante que si elle était jouée. Nous en avons eu la preuve grâce à Alain Michel dans son adaptation de cette œuvre de Stefan Sweig. Une musique classique plus que bien choisie nous plonge dans une ambiance envoûtante où les quatre comédiens de cette première partie donnent corps à tout autre chose qu’une « lecture » tellement leur talent élève le texte. La mise en espace oppose deux binômes : à jardin une dame âgée et son compagnon un peu plus jeune, à cour une jeune femme à la voix posée accompagnée d’un homme jeune et avenant. L’alternance des éclairages sur le plateau accompagnent les échanges. Dans une pension de famille au début du siècle dernier, une dame d’un âge certain s’est éprise d’un homme qui pourrait être son fils. Le temps passé en sa compagnie lui ravive toutes ses émotions d’alors. Elle s’en confie à une dame anglaise de la pension qui nous raconte l’histoire avec ce qu’elle voudrait être du charme. Cette heure d’échanges a ravi un public qui a abondamment applaudi.

Les montres de Vérone, de Marie Ordinis.
Avec Alain Michel et Colette Klein.
Deux comédiens sur scène seulement. Tout deux assis de part et d’autre d’une longue table mais jamais debout. Comme dans la première pièce le comédien et la comédienne connaissent parfaitement leur texte. Musique, effets de lumière, et luth dont joue remarquablement celui qui interprète le moine en robe de bure et pieds nus. Face à lui une nourrice en costume d’époque lui narre des souvenirs surprenants auxquels le moine réagit en finissant par lui révéler qu’il est le vrai père de Juliette, l’impossible promise du Roméo de Shakespeare. Le public a suivi d’autant mieux que le texte est d’une grande poésie


Théâtre du Nord-Ouest, 13, rue du Faubourg-Montmartre, Paris 9ème.